Fahrenheit 451 – Ray Bradbury

J’ai relu récemment Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. J’avais lu ce livre en classe de Seconde et j’ai décidé de le relire, en anglais cette fois-ci. Pourquoi le relire ? Je cherchais un bon livre de science-fiction mais je ne voulais pas me lancer dans une nouvelle saga dont la lecture m’aurait potentiellement déçu en plus d’être chronophage. Mon choix s’est donc porté sur Fahrenheit 451, une valeur sûre, sachant qu’un tel classique est toujours bon à relire.

Adolescent, j’avais été frappé par le caractère prophétique du roman. Bien que le décor soit un peu poussiéreux, le style un peu vieilli (et après tout tant pis, cela donne un charme désuet à l’ouvrage), le regard de Bradbury sur la société de consommation est toujours aussi lucide, cruel et terriblement vrai.

Autodafé

Autodafé

Bradbury a tout de suite compris quels seront les ravages de la société de consommation de masse, accentués par un pouvoir dictatorial. Mais même si la société décrite est régie par un pouvoir politique totalitaire qui rappelle évidemment les régimes nazi et stalinien, il est question avant tout de culture, de savoir et d’idées plutôt que de politique.

En effet, les autodafés, qui ont fait la notoriété du livre, sont une métaphore extrême pour montrer combien le savoir et la pensée ont été balayés au profit du divertissement brut et de la consommation effrénée. Le héros Montag évolue dans une société déshumanisée dans laquelle le bonheur est finalement inaccessible, malgré toutes les illusions et les aveuglements créés par cette société du divertissement.

J’aime beaucoup la première partie du roman, notamment les dialogues entre Montag et Clarisse, la jeune fille qui jouera le rôle de déclencheur auprès de Montag dans sa quête de vérité et de sens. On y retrouve le Bradbury lyrique et poétique des Chroniques Martiennes (dont je vous recommande également la lecture).

Le trait est parfois un peu forcé (notamment lorsqu’il s’agit de la femme de Montag) et la structure de l’histoire assez prévisible mais il faut lire Fahrenheit 451 comme une fable, un avertissement. Fahrenheit 451 a eu moins de retentissement que 1984 de George Orwell mais le message de Bradbury demeure fort et a surtout beaucoup plus de portée à l’heure actuelle (alors que le livre a été publié en 1953).

En lisant ces lignes, je suis resté interdit quelques instants en me demandant si, finalement, notre société n’était pas devenue celle de Fahrenheit 451 :

Autrefois, les livres n’intéressaient que quelques personnes ici et là, un peu partout. Ils pouvaient se permettre d’être différents. Le monde était vaste. Mais le voilà qui se remplit d’yeux, de coudes, de bouches. Et la population de doubler, tripler, quadrupler. Le cinéma et la radio, les magazines, les livres se sont nivelés par le bas, normalisés en une vaste soupe. Vous me suivez ? […] Les classiques ramenés à des émissions de radio d’un quart d’heure, puis coupés de nouveau pour tenir en un compte rendu de deux minutes, avant de finir en un résumé de dictionnaire de dix à douze lignes. […] Condensés de condensés. Condensés de condensés de condensés. La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par vous tourner à un tel rythme sous le matraquage des éditeurs, diffuseurs, présentateurs, que la force centrifuge fait s’envoler toute pensée inutile, donc toute perte de temps ! […] Davantage de sport pour chacun, esprit d’équipe, tout ça dans la bonne humeur, et on a plus besoin de penser, non ? Organisez et organisez et super-organisez de super-super sports. Encore plus de dessins humoristiques. Plus d’images. L’esprit absorbe de moins en moins. Impatience.

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