Comment réussir dans l’auto-édition ? Partie 1 : La relecture du manuscrit

Je débute une nouvelle série d’articles consacrée à la démarche de l’auto-édition. S’il peut sembler très facile de publier son livre, il existe selon moi des étapes à respecter pour être certain de proposer un ouvrage de bonne facture. Ces articles ont pour ambition de montrer le parcours difficile de l’auto-édition et de vous aider à surmonter les principaux écueils qui se présenteront à vous. Nous démarrons avec une réflexion sur la démarche de l’auto-édition et l’étape cruciale de relecture du manuscrit. Bonne lecture !

Le mirage de l’auto-édition ?

Vous venez de terminer votre livre. Vous vous apprêtez à le publier sur Amazon via la plateforme d’auto-édition KDP. Vous êtes heureux d’être allé au bout du long et difficile processus d’écriture et vous êtes tout excité à l’idée que des gens vont enfin lire votre livre. Vous vous imaginez dialoguer avec vos lecteurs, échanger avec eux…  Dans vos rêves les plus fous, vous espérez que votre livre va rencontrer du succès et, récompense suprême, peut-être même devenir un best-seller.

C’est à mon sens l’état d’esprit dans lequel est l’immense majorité des auteurs auto-édités lorsqu’ils sont sur le point de publier leur ouvrage. Même si beaucoup d’entre eux sont suffisamment lucides pour savoir que leur livre ne sera pas un best-seller, et que les revenus qu’ils toucheront de la vente de leur livre seront dérisoires, très peu d’entre eux imaginent l’extrême difficulté qu’ils vont avoir à faire connaître leur livre et, a fortiori, à réaliser des ventes.

Des ventes quasi-inexistantes après la parution de mes livres

Des ventes quasi-inexistantes après la parution de mes livres

Je faisais partie de ces auteurs, pensant naïvement qu’Amazon se chargerait de la promotion de mon livre et que grâce à la puissance de ce site en termes de trafic et de visibilité, il se vendrait de lui-même. Terrible erreur ! Un livre auto-publié n’est qu’un livre parmi des dizaines de milliers d’autres, introuvable ou presque, qui n’inspire guère confiance (pourquoi acheter un livre auto-édité, écrit par un inconnu plutôt que celui d’un auteur reconnu ou publié par une maison d’édition ?). On estime qu’un livre auto-édité se vendra à une centaine d’exemplaires au maximum (si cela vous semble être un nombre peu élevé, sachez que c’est un résultat tout à fait honorable, beaucoup de livres auto-édités ne dépasseront jamais la trentaine d’exemplaires vendus). Pourquoi  un résultat aussi modeste, pour ne pas dire insignifiant ? C’est oublier que l’expérience de l’auto-édition, c’est avant tout l’expérience de l’édition, et non pas de l’écriture. Ainsi, une fois publié, votre livre n’a pas les standards de qualité attendus et la visibilité requise pour être diffusé à une large échelle. C’est ce qui explique l’échec de beaucoup d’auteurs. On peut dans ces conditions légitimement se demander : l’auto-édition, est-ce vraiment une bonne idée ? N’est-ce pas un phénomène de mode ? Un mirage ?

Malgré ce constat tout à fait décourageant, il existe des moyens d’action. Mon objectif est de vous donner des conseils pratiques qui vous aideront, non pas à ce que votre livre devienne un best-seller, mais à ce qu’il soit de meilleure qualité et plus visible.

Lire, relire et faire relire.

Vous avez terminé d’écrire votre livre. Ne le publiez surtout pas ! Il est rempli de fautes d’orthographe et grammaticales. Certaines de vos phrases sont mal construites, maladroites. Votre mise en forme doit être revue. Il faut corriger tout cela. Relisez donc très attentivement votre manuscrit. Relisez-le et corrigez-le.

Seul, vous n’y arriverez pas. Certaines fautes vous échapperont car vous n’avez pas la compétence ou la connaissance nécessaire (et non pas que je doute que vous capacités, mais songez que c’est le métier de certaines personnes, preuve de la difficulté de la tâche). Demandez donc à plusieurs personnes de vous relire et de vous aider. Vous pouvez demander à des amis, des connaissances mais également aller sur Internet et vous inscrire sur des forums : CoCyclis, Saisons d’Ecriture… Il faut garder à l’esprit que votre livre sera en concurrence avec des livres issus de maisons d’édition, qui seront impeccables au niveau de la forme. Votre livre doit être à ce niveau.

lettre-caligraphe-a

Il faut distinguer plusieurs catégories de fautes ou d’erreurs :

- les erreurs de mise en page. Votre livre doit avoir une cohérence dans sa mise en page : les retraits de paragraphes doivent être identiques, les débuts de dialogue marqués par un tiret cadratin, les chapitres marqués par des sauts de page etc. Adoptez une ligne claire et assurez-vous que les règles définies sont les mêmes tout au long de votre livre.

- les fautes d’orthographe et grammaticales. Un œil externe est indispensable pour ces erreurs. En effet, outre les erreurs d’inattention que vous pouvez corriger, comment corriger l’orthographe d’un mot la conjugaison d’un verbe que l’on ne maîtrise pas ? Sinon, si vous avez le moindre doute, ayez le réflexe de vérifier dans un dictionnaire ou un Bescherelle.

- les maladresses de style, c’est-à-dire les lourdeurs, les répétitions et la construction des phrases. Elles sont difficiles à détecter. Certaines vous sauteront aux yeux à tête reposée. Pour les autres, un œil extérieur est également indispensable. Parfois, vous pouvez être tenté de faire une figure de style ou de construire une phrase à la Proust. Prenez garde, car jouer avec les mots requiert une grande maîtrise de la langue française. Vous vous exposerez à une critique impitoyable si l’effet recherché n’est pas compris par les lecteurs.

- la ponctuation. La ponctuation joue un grand rôle dans l’écriture. Mal accentuer un mot est équivalent à commettre une faute d’orthographe. Vérifiez donc bien que vos accents sont aux bons endroits. De même, les points virgules, d’exclamation et d’interrogation doivent être séparés des mots par un espace, à la différence des virgules, des parenthèses et autres signes. Soignez bien la ponctuation des dialogues et des phrases, le lecteur doit pouvoir lire votre texte de manière fluide et reposante, sans avoir à reconstruire la phrase ou en ajoutant des virgules manquantes. 

Un lecteur peut pardonner ou fermer les yeux sur quelques fautes (celles qu’il voit car, par chance pour nous, il ne les voit pas toutes !). Cependant, si votre livre en est truffé et que la lecture devient pénible, non seulement le lecteur aura le sentiment d’avoir gaspillé son argent, mais il ne prendra aucun plaisir à lire votre livre, aussi intéressant soit-il. Plus grave, il n’achètera plus jamais vos ouvrages.

C’est la plus grosse erreur que j’ai commise en publiant mes livres. Par chance, j’ai pu corriger les coquilles contenues dans mes ebooks plus ou moins rapidement mais je me suis promis de ne plus jamais publier un livre sans avoir respecté cette étape de relecture et de corrections. 

Dans le prochain article : comment faire connaître son livre et obtenir de la visibilité sur le long terme ?

Mots-clefs :, , , , , , ,

if (typeof OA_show === "function") OA_show('b300'); // ]]> -->

6 Réponses à “Comment réussir dans l’auto-édition ? Partie 1 : La relecture du manuscrit”

  1. J-C Heckers
    23 novembre 2013 à 10 h 27 min #

    Le relecture est l’exercice le plus amusant et le plus ingrat. Je crois qu’il n’y a que la correction technique qui soit facile (encore que), dès qu’on revient sur le texte lui-même on a des surprises douloureuses (lourdeurs, inutilités, gros clichés). C’est évident que faute d’éditeur donc de direction littéraire, la réécriture en solitaire représente une aventure qui prend beaucoup de temps (en proportion de la rédaction initiale; parfois ça prend encore plus de temps). C’est surtout évident qu’on ne doit jamais se permettre de publier – même gratuitement – un texte qui n’aura pas subi le nombre nécessaires de tortures. Et la première impression vient du respect des normes typographiques, une mise en page bâclée est toujours catastrophique. Il m’est hélas trop souvent arrivé de ne pas pouvoir prolonger une lecture rien qu’à cause de ça.

  2. Jacky
    23 novembre 2013 à 12 h 12 min #

    Félicitations Thibaud pour ton initiative et la qualité de ton article.

    Je viens juste de comprendre que j’aurais du utiliser les services d’une correctrice avant de publier mes 4 livres. On a beau être assez bon en grammaire et orthographe, certaines coquilles sont tenaces et vous poursuivent jusqu’à la mort ;-)

    Si tu souhaitez participer à mon groupe Facebook, destiné à la promotion d’auteurs, cela me ferait un grand plaisir de t’avoir parmi nos membres.
    https://www.facebook.com/groups/promouvoir.ebook.kindle.gratuit/

    Bien amicalement
    Jacky

  3. Jean-Philippe
    23 novembre 2013 à 14 h 51 min #

    Excellente initiative Thibault !

    La relecture, ce n’est pas mon truc. Ça prend plus de temps que l’écriture et c’est ennuyeux (pour moi). Alors je délègue au maximum ! Malgré tout, il y a des étapes auxquelles on ne peut échapper mais, comme j’écris des histoire plutôt courte ça va. Je n’ose pas imaginer ceux ou celles qui écrivent des « pavés »… il leur faut des mois. ;)

    Le plus beau moment du processus, c’est quand j’envoie le fichier final à la mise en page et à la dernière correction orthographique. Là, je sais que j’en ai vraiment fini avec le texte et je peux passer à autre chose. :)

  4. Florence Clerfeuille
    23 novembre 2013 à 15 h 08 min #

    De très bons conseils. En ce qui concerne la ponctuation, notamment : on peut avoir l’impression qu’elle est secondaire, mais elle demande autant de travail au correcteur que l’orthographe, la conjugaison et la grammaire !

  5. en cliquant
    18 janvier 2014 à 20 h 07 min #

    des conseils de pros pour mener a bien son projet c’est une bonne chose, car le principal soucis dans l’auto edition cest le manque de structure.

  6. Vérifaute
    21 mars 2014 à 17 h 16 min #

    Bonjour Thibault,

    En effet, la phase « relecture/correction » est laborieuse, fastidieuse, mais indispensable.

    Vous devez savoir qu’il existe des professionnels, dont nous faisons partie, qui fournissent ce service aux auteurs « autoédités » ou qui s’apprêtent à démarcher les maisons d’édition.

    Je serai ravi de répondre à toutes les questions de vos lecteurs ; qu’ils n’hésitent pas à m’écrire à l’adresse ci-dessous.

    Sébastien
    http://www.verifaute.fr
    sebastien @ verifaute . fr

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus