La gratuité, pire ennemie de l’auteur indé (1/2)

C’est un débat qui revient de manière récurrente dans l’autoédition (et dans d’autres domaines) : un artiste doit-il proposer ses œuvres gratuitement ?

Il peut être très tentant pour un auteur autoédité de diffuser ses ebooks gratuitement. Il peut ainsi bénéficier d’une exposition plus forte. De nombreuses plateformes proposent de procéder de cette manière. Et il y a évidemment les promos gratuites sur KDP et Kobo.

gratuit

Je pense néanmoins que la gratuité doit être utilisée avec parcimonie et qu’adopter une stratégie de gratuité permanente est très néfaste pour un auteur autoédité.

« La gratuité doit être utilisée avec parcimonie »

Dans quels cas utiliser la gratuité ?

Les promotions gratuites de quelques jours sont utiles, elles permettent de faire découvrir aux lecteurs l’univers et le style d’un auteur. Cependant, elles doivent selon moi être utilisées seulement si :

  1. Vous avez d’autres livres à vendre : par exemple, vous pouvez mettre le premier tome d’une saga en vente gratuitement, le lecteur décidera s’il veut poursuivre la lecture en achetant le tome 2 (payant). De même, si vous vendez plusieurs nouvelles, assez semblables, en proposer une gratuitement permet de donner envie aux lecteurs de lire les autres.
  2. Vous avez besoin d’obtenir des commentaires clients : puisque votre livre sera visible et lu par un très grand nombre, vous augmentez vos chances d’obtenir des commentaires clients. Cependant, il faut un très grand nombre de téléchargements/vus pour obtenir des commentaires clients.
  3. Vous avez une stratégie de très long terme et souhaitez fidéliser vos lecteurs : vous proposez un livre gratuit en sachant/espérant que vos lecteurs achèteront les yeux fermés votre prochain livre (payant).

Hormis ces cas spécifiques, je suis résolument contre la gratuité. Je pense que cela est même suicidaire.

Extrait TOP100 gratuit

Extrait du TOP 100 Gratuit d’Amazon. Ce classement a-t-il vraiment un sens ?

La gratuité est surestimée

En tant qu’argument commercial, je pense que la gratuité est largement surestimée. Vous devez penser que je me moque de vous, puisque j’ai moi-même recours à des actions de promotions gratuites. Le fait est que je me suis toujours attaché à respecter les 3 objectifs décrits précédemment. Pour aucune autre raison je ne rendrai mes livres gratuits. Voyons maintenant dans le détail pourquoi la gratuité est surestimée.

« Une promo gratuite est efficace seulement si votre livre est téléchargé/lu par un très grand nombre de lecteurs »

  1. Les promos gratuites ne sont pas toujours efficaces : Tout d’abord, ce n’est pas le fait de rendre votre livre gratuit qui rendra efficace la promotion. Il faut, comme toujours, communiquer dessus et que votre livre ait une couverture attirante, un titre accrocheur etc. Ensuite, quelles retombées ? Difficile à dire… Si l’on est dans l’un des 3 cas décrits précédemment, les conséquences de la promo peuvent effectivement générer des ventes et des commentaires clients. Cependant cela est valable si et seulement si votre livre est téléchargé/vu un très grand nombre de fois. Pour fidéliser des lecteurs et faire en sorte qu’ils laissent un commentaire il faut atteindre un public très large car seule une poignée d’entre eux agira par la suite. Ainsi, je doute sérieusement de l’efficacité d’une promo qui aurait par exemple permis à un livre d’être téléchargé 50 fois (score honorable sur Amazon). À partir de 100, on peut espérer des retombées et évidemment, au-delà, tout est possible.
  2. La gratuité ne crée pas d’engouement et d’adhésion : On pense que la gratuité permet de créer une meilleure adhésion, c’est-à-dire que les lecteurs iront naturellement vers le livre (gratuit). Je pense qu’il s’agit là d’une illusion. Imaginons que vous proposez votre livre gratuitement. Certes, la gratuité permet indéniablement d’attirer de nouveaux lecteurs et de donner un coup de projecteur sur un livre. Cependant, parmi ces lecteurs, seule une minorité manifeste un réel intérêt pour le livre en question. La majorité des lecteurs reste indifférents, ils ont acquis votre livre, mais le liront-ils vraiment ? Au final, vous avez distribué votre livre pour rien. C’est peut-être le prix à payer pour susciter de l’engouement au sein d’une minorité intéressée mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Et que se passe-t-il si vous ne réussissez pas à atteindre cette minorité, puisqu’il faut, comme je le disais précédemment, atteindre un public large pour espérer des retombées ? À l’inverse, un lecteur qui achète un livre le lira (sauf s’il aime jeter son argent par les fenêtres) et son achat manifeste un réel intérêt pour le livre.

« Un lecteur qui achète un livre manifeste un réel intérêt pour celui-ci. »

On voit donc que la gratuité, si elle n’est pas complètement inutile, doit être utilisée uniquement dans des cas spécifiques et surtout, est surestimée. Dans le prochain article, nous verrons en quoi la gratuité n’apporte aucune valeur pour l’auteur et le lecteur et qu’elle est même néfaste pour l’autoédition dans son ensemble.

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2 Réponses à “La gratuité, pire ennemie de l’auteur indé (1/2)”

  1. Sébastien
    18 mai 2014 à 20 h 18 min #

    Tout à fait d’accord avec cet article, bien détaillé. Surtout que les auteurs indé abusent de la gratuité et qu’à un certain moment les lecteurs n’en peuvent plus et ne veulent plus emmagasiner des livres alors qu’ils en ont tellement en attente sur leur liseuse ou tablette… Les livres que l’on achète, on les veut, on va les lire. Ceux téléchargés gratuitement, c’est l’inverse!

  2. chris
    19 mai 2014 à 0 h 28 min #

    Je suis d’accord la gratuité doit servie une stratégie commerciale et à long terme. Mon expérience me l’a démontrée. Merci pour ce billet. J’attends le volet 2.

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