Autoédition : fin de l’histoire ?

En 1992, Francis Fukuyama publia La Fin de l’Histoire et le dernier homme. Dans cet essai au retentissement mondial, Fukuyama affirmait que la fin de la Guerre Froide signifiait la fin des idéologies : le capitalisme et la démocratie avaient triomphé et étaient désormais acceptés par tous. On peut être d’accord ou pas avec cette théorie et l’objectif de cet article n’est pas de débattre des thèses de Fukuyama. Si j’en parle, c’est parce que je me suis récemment interrogé si nous n’assistions pas à un phénomène similaire avec l’autoédition, une fin de l’histoire.

End

Photo de Hitchster (CC-BY)

L’autoédition s’est indéniablement développée ces dernières années. Lorsque j’ai commencé à m’y intéresser, en 2012, l’autoédition en était à ses balbutiements en France. Aujourd’hui, les médias généralistes évoquent régulièrement l’autoédition, de nombreux success stories ont vu le jour et des start-ups proposent des services aux auteurs. Dès lors, peut-il y avoir d’autres perspectives pour l’autoédition ? N’a-t-elle pas atteint un stade ultime, sa « fin de l’histoire » ? Bien sûr, l’autoédition peut encore se développer : accroissement des ventes, hausse du nombre d’auteurs ayant recours à l’autoédition… Mais peut-on s’attendre à de nouvelles perspectives, d’autres mutations ? Je n’en suis pas sûr et examinons dans quelle mesure l’autoédition pourrait significativement bousculer le paysage littéraire et l’industrie du livre.

L’autoédition peut-elle remplacer les maisons d’édition traditionnelles et révolutionner en profondeur l’industrie du livre ?

Je ne pense pas. Seules les petites maisons d’édition ou celles de taille moyenne peuvent être menacées par l’autoédition. Certains auteurs, qui auraient été tentés de faire appel à leurs services, peuvent finalement choisir l’autoédition et elles peuvent être concurrencées par de nouveaux entrants comme des maisons d’édition 100% numérique (et je ne suis pas certain que leur business model soit viable). En revanche, les Gallimard, Flammarion et Grasset peuvent dormir sur leurs deux oreilles, leur démarche et leur lectorat sont peu compatibles avec ceux de l’autoédition. Par ailleurs, on se réjouit du fait que certaines maisons d’édition, comme Michel Lafon, repèrent des auteurs autoédités et leur proposent un contrat. Certes, c’est une forme de reconnaissance pour les auteurs indépendants mais ce mode de fonctionnement condamne l’autoédition à demeurer un vivier, une sorte de « sous-édition ».

L’image de l’autoédition peut-elle changer auprès du grand public ?

Conséquence du constat dressé précédemment, l’image de l’autoédition a certes évolué favorablement par rapport à ses débuts mais je pense qu’en France, l’autoédition aura toujours une mauvaise image. L’article que j’ai écrit il y a quelques années Pourquoi l’autoédition ne décolle pas en France ? reste vrai dans le sens où culturellement, les Français n’ont pas le même rapport à la littérature et aux écrivains que les États-Unis, le Royaume-Uni ou même l’Allemagne. Cela changera peut-être, mais pas avant une vingtaine voire une trentaine d’années.

Pray

Photo de Marc Brüneke (CC-BY)

L’autoédition peut-elle remettre en cause le système actuel des prix littéraires ?

Probablement pas. Les prix Goncourt, Renaudot etc. continueront d’avoir leur renommée actuelle et leur existence est conditionnée à celle des maisons d’édition comme Gallimard et Flammarion. En revanche, peut-être que des prix littéraires, reconnus et sérieux, consacrés aux livres autoédités verront le jour. Amazon a lancé plusieurs prix qui ont connu du succès et ils contribueront peut-être à rendre l’autoédition visible. Mais est-ce que cela sera suffisant ? J’en doute. Et il y a fort à craindre qu’un tel prix soit considéré comme un « sous-prix », bien loin des Goncourt et autres.

L’autoédition peut-elle permettre à plus d’auteurs de vivre de leur plume ?

Il est indéniable qu’à nombre d’exemplaires vendus équivalents, l’autoédition offre une meilleure source de revenus par rapport à l’édition traditionnelle (même si généralement, un auteur indépendant doit  débourser une somme d’argent pour la couverture de son livre etc.). Mais l’enjeu n’est pas vraiment là. Même en étant autoédité, il faut vendre énormément de livres pour pouvoir gagner sa vie. A ce jour et à ma connaissance, aucun des auteurs indépendants en France, même ceux qui vendent beaucoup, vivent de leur plume. Sera-ce le cas à l’avenir ? Pas sûr non plus. Le marché des livres autoédités va encore s’accroître mais suffisamment pour que des dizaines voire des centaines d’auteurs en vivent ? Je ne pense pas.

Au final, j’imagine un avenir dans lequel l’autoédition continuera à se développer mais restera semblable à sa forme actuelle, sans apporter de révolution substantielle. Une « fin de l’Histoire » peut sembler exagérée aujourd’hui mais sans mutation profonde, celle-ci sera proche dans quelques années.

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20 Réponses à “Autoédition : fin de l’histoire ?”

  1. Anais W
    9 octobre 2016 à 9 h 34 min #

    Merci pour cet article qui en effet soulève de nombreuses questions sur l’avenir de l’auto-édition !
    Par contre j’espère qu’il ne faudra pas 20-30 ans pour que les auteurs indépendants soient mieux perçus en France ! Le développement de blogs littéraires qui soutiennent l’auto-édition permet de diffuser sur ces nouveaux auteurs (encore un peu hors normes) auprès des lecteurs et qui vont au fur et à mesure apprendre à faire confiance aux indépendants… Les éditions Michel Lafon donnent aussi une bonne image de l’auto-édition aux lecteurs. Sans compter les bibliothèques, médiathèques, librairies qui ouvrent progressivement leurs portes aux livres d’auteurs auto-édités… Je pense que ce n’est pas sans espoir !
    Après je suis d’accord sur le fait que les auteurs indépendants ne sont pas près d’en vivre, mais qui sait, si nous sommes mieux reconnu pour notre travail ;)

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 27 min #

      Merci pour votre commentaire. Je pense qu’effectivement, il faudra au moins 20 ou 30 ans pour que le regard sur les autoédités change… Une génération de lecteurs.

  2. Ghaan écrivain indie
    9 octobre 2016 à 15 h 53 min #

    Hello!
    Intéressant article, je partage pas mal de tes points de vue mais ne suis pas d’accord sur deux points. Il existe des auteurs en France qui vivent de l’auto édition. Ils sont peu nombreux (5 à 10), pas richissimes mais certains font vivre leur famille depuis plusieurs années. Donc, c’est possible.
    Ensuite, je crois bien que le marché de l’auto édition n’a pas fini d’évoluer, pour preuve la marge, le gap, qu’il y a encore à franchir pour atteindre le niveau des etats unis où certains sont vraiment riches (au delà de la taille du marché).
    Ensuite, de nombreuses initiatives voient le jour, comme, tout récemment, les blogueuses qui s’intéressent de plus près à l’auto edition et comme le magazine l’indé panda qui assure un peu de promotion.
    Mais je pense surtout qu’il faut encore externaliser toute la chaîne de fabrication du livre. Aux États unis on peut payer un editor (qui s’occupe de la relecture editoriale) un proof reader (qui fait la correction orthographique) et un agent, un marketteur etc. En france, si on trouve des bons relecteurs pro et des graphistes c’est déjà le bout du monde.
    Les mentalités des indes doivent changer aussi. Combien ne paient pas de correcteurs, ni aucun pro qui améliorerait leur livre et les aideraient à progresser mais aussi à vendre? J’ai fréquenté des auteurs anglo saxon. Ils n’attendent pas qu’un éditeur les découvrent par hasard et investissent sur eux l’argent qu’eux même n’ont pas osé investir.
    Un auteur indé est un entrepreneur, encore faut-il en avoir la mentalité. Je pense que c’est de ce côté là que se situe la plus grande marge de progression de l’auto édition.
    Bonne chance à toi dans tes projets!

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 30 min #

      Oui, tout à fait d’accord sur le fait qu’un auteur autoédité doit avoir une mentalité d’entrepreneur et se donner les moyens. Or, cela là où le bât blesse, la barrière à l’entrée est finalement assez élevée : prix pour payer un correcteur, faire une couverture etc. et beaucoup d’auteurs refusent ou ne peuvent débourser l’argent nécessaire… Une autre forme de sélection s’opère alors…

  3. Wendall Utroi
    9 octobre 2016 à 17 h 53 min #

    Bel article et questionnement justifié.

    Pour ma part, je crois sincèrement que l’essor de l’autoédition n’en est qu’à ses débuts. Les pionniers tels que Jacques Vandroux, Alice Quinn et bien d’autres ont ouvert les portes d’une édition 2.0.
    Il suffit de voir le nombre de vente en numérique annoncé par Jacques 100 000 en 4 ans, ce qui est un chiffre astronomique. Ce chiffre qui aujourd’hui frôle le record va se démocratiser. Ce n’est pas un souhait, mais de nombreux auteurs se pérennisent et squattent régulièrement les classements des 100 meilleures ventes.
    Le nombre d’auteurs comme tu le soulignes se multiplie, mais la différence cette année, est j’en suis persuadé, un début de reconnaissance du public lecteurs, blogueurs et médias. Reconnaissance bien plus étoffée qu’auparavant.
    Certes, certains auteurs seront toujours attirés par les sirènes de l’édition traditionnelle. Et celle-ci pourra effectivement voir cela comme un vivier. Mais au fil du temps et de la professionnalisation des indépendants, j’ai la certitude que certains ne passeront pas le pas du contrat en perdant leur droits.
    Le prix des ebook se démocratise à 2 euros 99, ce qui change des années précédentes où il était inférieur. Certes, cela ne suffit pas pour en vivre pour la majorité, mais certains commencent à dégager des revenus conséquents et y pensent. La qualité des ebook en général est en forte progression, le besoin de correcteurs, graphistes, vidéastes augmente, signe que les nouveaux auteurs comprennent qu’il faut un travail à la hauteur des attentes des lecteurs. Enfin, tout le monde n’est pas apte à revêtir ce costume d’indépendant, cela demande cinq fois plus de travail que de contenter à envoyer son manuscrit à un éditeur.
    Je n’ai aucune crainte de ce fait, pour l’édition traditionnelle, car se lancer seul veut dire casse-tête permanent, remise en question perpétuelle et être multitâches, pour finalement ne pas figurer dans les rayons des librairies.
    J’en viens justement à ce dernier point. Les libraires ouvrent doucement leur porte aux indés et ça c’est l’avenir 2017, j’y crois.
    Merci pour ton super article qui permet de parler à nouveau de la chose.
    Cordialement
    Wendall

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 33 min #

      Merci pour votre commentaire et pour votre enthousiasme qui fait plaisir à lire. Je suis d’ailleurs d’accord avec vous sur le constat actuel mais la question est l’échelle de temps : qu’en sera-t-il dans dix ans, vingt ans ? On peut imaginer un scénario où l’autoédition se développe puis plafonne et atteint un stade ultime sans connaitre de mutation. Peut-être que nous n’y sommes pas encore mais pour ma part, je pense que c’est pour bientôt.

  4. Wendall Utroi
    9 octobre 2016 à 17 h 55 min #

    Désolé pour les fautes, je n’ai pas pris le temps de relire, je suis en plein dans l’écriture de mon prochain roman, mais je voulais répondre à ton article. Pardonnez-moi !

  5. Nathalie Bagadey
    9 octobre 2016 à 18 h 05 min #

    Hello Thibault,

    Comme toujours, je ton style incisif et tes articles intéressants.
    Mais je pense que ton raisonnement n’est pas bon.

    Je reviens d’une Convention d’auteurs où j’ai présenté l’autoédition à une bonne vingtaine de personnes… enthousiasmées par une idée qui, autrefois, leur faisait peur.
    Je pense que la mauvaise réputation de l’autoédition est en train de s’effacer, notamment grâce aux actions de passionnés comme l’Indé Panda, ainsi que l’a aussi remarqué Ghaan Ima.

    En outre, moi aussi je connais des auteurs indés qui vivent de leur plume (je ne connais par contre aucun auteur édité qui y arrivent, malgré, pour certains, une production très riche) et en ce qui me concerne, d’avoir publié mon 4e livre m’a permis de passer à mi-temps dans mon travail.

    Je suis convaincue que ce qui permet à un auteur d’envisager de pouvoir vivre de sa plume c’est une production régulière : j’en suis désormais à 4 livres autoédités et chaque nouveau titre entraîne des ventes des anciens… En ce qui me concerne, je pense qu’à partir de 10 ouvrages publiés, je pourrai en vivre.

    Bref, il me semble que les rôles se sont un peu inversés… Alors que lorsque j’ai débuté tu étais mon gourou, aujourd’hui je me permets de te conseiller… de sortir un nouveau livre ! ;)

    Bises !

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 35 min #

      Bonjour Nathalie, ravie de te lire :) Tu as raison, il faut que je sorte un nouveau livre, me remploger dans le processus de publication pourrait me faire voir les choses différemment… A bientôt !

  6. Michel Bellin
    9 octobre 2016 à 20 h 51 min #

    Cet article est lucide, je trouve, mais un brin pessimiste pour ne pas dire défaitiste. Normal, car les questions sont, je pense, mal posée, par le mauvais bout de la lorgnette : « L’auto-édition peut-elle remplacer… remettre en cause… faire vivre les auteurs ? » etc. Ayant une pratique de 15 ans d’autoédition, les conclusions auxquelles j’aboutis restent résolument optimistes, dans la mesure où elles collent avec le (mon) réel, avec mes options joyeusement assumées et non un fantasme de Toute-Puissance ! A savoir :

    - Je me considère encore et toujours comme un auteur loser heureux, acceptant par avance d’être un « auteur sans lecteurs » (j’exagère : une petite centaine d’afficionados) ;
    - Mon objectif n’est donc pas de faire du chiffre, du fric, d’être n’°1 sur la liste des meilleures ventes, surtout pas de (sur)vivre de ma plume, plutôt de mon clavier etc., mais de me faire plaisir en créant mes propres livres de A à Z, sans limitation, sans censure, sans passer sous les fourches caudines de l’Edition prescriptrice, petite ou grande ;
    - Pour être précis, je gagne entre 50 et 70€ par mois (!) grâce à Amazon (quelques ebooks achetés et entre 5000 et 8000 pages lues), ce qui est à peu près RIEN, j’en conviens. Mais, ces résultats m’amusent… puisque, précisément, je n’attends RIEN – juste de l’argent de poche à la fin du mois – et que ma devise reste inchangée :  » Je ne m’édite que pour le plaisir égotiste de collectionner mes œuvres. Plus les lecteurs sont rares et chiches mes droits d’auteur, plus l’opus m’apparaît précieux. » Car, pour oser ce paradoxe, en définitive j’écris principalement pour moi, accessoirement pour une élite.
    - Ceci dit (plaisamment, au 3ème degré !), l’autoédition oblige à être inventif, à rebondir, à viser non la quantité mais la qualité. Par exemple, depuis deux ans, j’ai décidé (ayant récupéré certains droits) de « doubler » mes ebooks par une édition papier, plus exactement une collection de mes anciens ouvrages que les Editeurs ayant pognon sur rue n’écoulaient plus, auxquels ils ne croyaient plus, etc. tant pis pour eux ! Bref, avec une unique charte graphique, une réécriture assidue, une mise en page soignée, c’est parti pour une nouvelle aventure (actuellement 6 titres), toujours aussi peu rémunératrice mais passionnante ! Je précise que dans cette oeuvre d’autoentrepreneur, les éditions Chapitre.com sont à la hauteur, même si le prix des ouvrages (papier) sont à mon avis trop chers. L’avantage avec cette maison française, c’est que chaque opus commandé est imprimé à l’unité et sur commande. Donc, plus d’argent jeté par les fenêtres, finis les colis d’invendus s’empilant dans ma cave. Je suis donc arrivé à un équilibre certain et j’estime qu’en 2016, en tant qu’écrivain autoentrepreneur, je marche ENFIN sur deux jambes : une jambe américaine pour les indispensables ebooks (pas chers), une jambe française pour la belle édition papier et les irremplaçables libraires. Vive l’entente cordiale ! Et le plaisir ainsi dédoublé de publier et de lire. En définitive, mes livres ce sont mes (autres) enfants. Mon trésor de guerre. Ma fierté et mon bonheur. Que demander de plus ou de mieux ?!
    - J’ajoute enfin qu’un auteur, surtout auto-édité, doit croire en son style, en son talent, en son originalité. Même si la reconnaissance n’arrive jamais… du moins pas de son vivant. Il convient de creuser son sillon joyeusement, laborieusement, quasiment gratis. Là réside l’Honneur d’écrire… et de SE publier ! Et la liberté. (Je relis souvent « Le chien et le loup » de La Fontaine). Si j’arrêtais de produire « mes » livres (ebooks et/ou livres traditionnels), s’il me reprenait l’envie d’aller mendier dans le 6ème arrondissement de Paris, j’aurais l’impression de tapiner, me trahir, de trahir mon existence puisque, depuis mon premier livre (en 1996), j’entends écrire ma vie et vivre mon écriture. Tout le reste, c’est pour moi de l’épicerie, de la guéguerre d’ego, des boniments médiatiques qui ne me concernent plus. Donc, loin des plateaux et des ondes, je persévère, j’écris, je mets en page, j’illustre, j’écoule au compte goutte… ignorant l’Edition majuscule qui m’a toujours snobé et continuera de le faire. Quelle importance ? Puisque je vaux ce que je veux, faisant confiance à l’intuition du grand Buffon qui, au milieu de ses herbiers oubliés et de ses minuscules bestioles, concluait que le génie n’est qu’une plus grande aptitude à la patience.

    Patience ! Tout est dit. Donc nous, les auteurs autoédités, nous nous devons à nous-mêmes d’être patients, persévérants, géniaux…, pouilleux mais heureux, indépendants, enthousiastes… et notre heure viendra – forcément – si, dans nos mots, dans notre modeste art artisanal, le Beau et le Vrai sont au rendez-vous de la Littérature ! Celle que nous portons en nous-mêmes et que nous souhaitons confier, non à la masse des Carremouth, mais au petit nombre des initiés, à voix basse et le cœur battant, à celui ou à celle qui nous fera un jour l’amitié de nous découvrir, peut-être de nous lire…

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 44 min #

      Merci beaucoup pour votre commentaire long et intéressant. je respecte complètement votre philosophie d’écriture et elle traduit finalement ce que j’exprime dans mon article dans le sens où l’autoédition que vous pratiquez est « en marge » du système éditorial traditionnel et qu’elle complète plus qu’elle ne supplante ou concurrence le système éditorial traditionnel.

      Bonne continuation.

  7. Alice Quinn
    10 octobre 2016 à 10 h 08 min #

    Bonjour,
    et bravo pour ce blog toujours très interessant.
    J’aime bien la vision de Michel Bellin, et je voudrais lui dire que c’est ce qui m’anime,
    sauf que parfois il peut y avoir de bonnes et mêmes d’excellentes surprises!
    à propos de votre édito et de la phrase: « Le nouveau concours d’Amazon, les Plumes Francophones, s’est achevé. J’ai le sentiment, peut-être trompeur, que malgré l’engouement et le succès de ce concours, l’écho médiatique a été moindre que celui organisé l’année passée. »
    je voudrais préciser que si les médias ont été peu nombreux à l’événement, c’est juste parce que KDP est actuellement en pleine restructuration, il n’y a plus de tête actuellement, les autres services proches de KDP se sont partagé le travail d’attaché de presse de l’événement, mais évidemment, l’impact s’en est ressenti. L’année dernière, Eric Bergaglia, a fait son travail de communication à fond, et il en avait récolté les résultats. La presse boude Amazon, et il faut beaucoup ramer pour les inciter à relayer les événements amazon, même s’il y a Guillaume Durand en parrain.
    Mais non seulement vos articles sont interessants, mais en plus, j’aime bien les débats qu’ils suscitent!

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 45 min #

      Merci pour ces précisions qui confirment donc mon ressenti sur la couverture médiatique de l’événement. Espérons que l’année prochaine, les médias seront au rendez-vous !

  8. Mickaël Paitel
    10 octobre 2016 à 11 h 19 min #

    Bonjour Thibault. A bon nombre de questions que tu soulèves, j’y réponds souvent par la négative. Moi aussi j’ai débuté l’autoédition en 2012 mais depuis, rien que sur Amazon Kindle, sont publiés chaque MOIS, 100000 livres numériques autoédités ou non ! Soit 1,200000 livres par an. Les indés sont noyés dans cette surproduction qui voit, à part certains livres à succès, leurs ventes décliner. Les grands éditeurs ont les moyens d’une surexposition médiatique que n’auront jamais les indépendants, sauf à créer eux même, un groupement avec des moyens financiers et un réseau.

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 46 min #

      Bonjour Mickael. Oui, nous sommes noyés. une seule solution : écrire un livre radicalement différent, original, qui change la vie des lecteurs. Plus facile à dire qu’à faire :)

  9. Chris Simon
    11 octobre 2016 à 14 h 20 min #

    Bonjour Thibault,
    Tu poses toujours les bonnes questions et tu apportes toujours ce point de vue qui regarde vers l’avenir. Tu ne le vois pas rose. Il ne l’a jamais été pour les auteurs en France, contrairement à d’autres pays.
    Je suis d’accord avec nombreux auteurs qui ont laissé un message que les choses bougent : de plus en plus de blogueurs et lecteurs nous lisent et parlent de nous, certains auteurs en vivent… Notre visibilité grandit. Il faut que chacun se fixe ses objectifs et une fois atteints un bilan est possible. Chaque auteur aura donc un bilan différent. Je vais donc parler du mien. En 5 ans, j’ai publié nombreux livres, il en reste aujourd’hui 5 sur les plateformes et en papier que je distribue et présente partout où c’est possible. C’est un travail de longue haleine (quand on n’a pas la chance de décrocher une place dans le Top20 Amazon pendant des semaines), mais j’ai trouvé des lecteurs fidèles, mes livres continuent de se vendre et la publication d’un nouveau livre les remet dans l’actualité et les rend à chaque fois visible. Tout ce que je fais, je le fais pour consolider mon lectorat et rencontrer de nouveaux lecteurs, ça prend du temps. L’important pour moi est écrire et être lu, peu importe le nombre pour l’instant. Dans 10 ans, j’espère que mes lecteurs seront plus nombreux bien sûr, mais je suis plutôt heureuse du nombre de lecteurs que j’ai aujourd’hui, il y a 5 ans, j’en avais pratiquement 0.
    Par contre, comme toi, je ne suis pas sûre que l’autoédition ne révolutionne ni écriture, ni le marché du livre si on compare avec les mouvements littéraires du 20e siècle ou l’essor de l’imprimerie fin 19e siècle en France où en Europe. Il est peut-être trop tôt pour en voir tous les résultats. Cependant, une chose évolue : le rapport auteur/lecteur. L’autoédition et les auteurs indépendants fonctionnant directement avec les lecteurs et blogueurs lit opèrent une metamorphose de cette relation.
    Continuer à écrire est le challenge de tout auteur qu’il soit en maisons d’édition ou indépendant.

    Merci à toi et à tous d’apporter votre vision, votre expérience, c’est touours difficile d’être les premiers.

    • thibaultdelavaud
      11 octobre 2016 à 20 h 47 min #

      Bonjour Chris. Oui, tu as raison, le rapport lecteur/auteur change complètement avec l’autoédition et c’est sans doute l’aspect qui me plait le plus dans l’autoédition et qui apporte une vraie valeur ajoutée pour le lecteur (au-delà du prix somme faible des ebooks indés ;) )

      A bientôt !

  10. Alex Evans
    22 octobre 2016 à 23 h 48 min #

    Bonjour,

    Voilà une analyse intéressante de la situation. Il me semble qu’un aspect n’a pas été abordé: ce qui à modifié le marché aux US, c’est tout de même le fait que les ebooks et les auteurs auto-édités sont beaucoup moins chers que les livres papiers ou les livres de grands éditeurs. Ces derniers ont gardé leur dominance pour les romans « littéraires », mais ont été sacrément bousculés quand il s’agit de « romans de gare ». Et en France, les gens ont de moins en moins de sous. Les jeunes, surtout n’ont pas de sous, mais ont des smartphones.
    Donc je verrais effectivement les grandes maisons d’éditions garder le coté prestigieux, les prix littéraires etc… et les auto édités se partager romance, thrillers etc… Il y aura peut-être un niveau intermédiaire, des éditeurs spécialisés et je ne sais pas ce que deviendra la BD et les livres pour enfants, mais je pense que le moteur principal du changement, sera comme d’habitude, le fric.

  11. Elen Brig KORIDWEN
    29 octobre 2016 à 17 h 11 min #

    Bonjour à toutes et à tous !
    Un article et des commentaires bien intéressants… Mon petit grain de sel, c’est que justement le facteur économique joue contre la grande édition, non contre les auteurs indépendants. Comme l’a fait remarquer Alex Evans, même les ebooks de l’édition sont chers. Or, moins de lecteurs, ayant des budgets plus serrés, et d’autre part une offre gigantesque de lecture gratuite ou très bon marché, cela pénalisera de plus en plus les éditeurs traditionnels. Je suis donc beaucoup plus optimiste que Thibault : je pense au contraire que l’édition s’adaptera en évoluant vers la fourniture ces « services externalisés » dont parlait Ghaan ; elle vendra aux indés, devenus par leur nombre un énorme marché, les services pour lesquels elle possède un savoir-faire : conseils littéraires, mise en oeuvre technique, relations avec les libraires et les médias. Les éditeurs deviendront plus ou moins agents littéraires… tout en gardant sans doute une petite « écurie » de prestige, pour l’amour de leur métier. C’est à mon humble avis la perspective la plus vraisemblable, de par l’évolution du marché du livre. Différents facteurs aideront les indés a précipiter cette évolution, mais c’est une autre histoire…
    Amicalement,
    Elen

  12. ANTONIUCCI NICOLAS
    13 novembre 2017 à 14 h 35 min #

    Bonjour,
    Je suis auteur de livres auto édité de science – fiction ce qui me motive pour entrer dans ce débat. La première chose que je voudrais dire sera que cette frontière entre livre édité et auto éditée est malsaine et servira surtout à maintenir les lecteurs dans un sérail dans lequel ils seront contrôlés sur le plan alimentaire, plutôt sur celui de leur lecture, en l’occurrence.
    Mais voyons que se passe-il de l’autre côté de l’eldorado, les auteurs vivent-ils tous de leurs plumes et leurs livres sont-ils toujours bons et les nôtres mauvais ?
    Je pense qu’il faudrait laisser le livre, le roman, dans ses dimensions nobles, une suite d’émotions, de pensées, de mots et de phrases, des histoires racontées qui sortiront de la vie, de l’observation, du vécu de l’auteur et que cela sera le principal.
    Il est bien qu’il puisse être matérialisé dans un livre papier ou numérique, même par l’auto édition, puisqu’il relèvera d’une passion et cela même s’il n’était pas vraiment lu.
    En bref, écrire est une passion, une manière de mieux se connaître, plus qu’un métier, excepté pour certains, bien sûr.

Répondre à Mickaël Paitel

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